Le Texas en lettres capitales
Le générique de Dallas ne fait pas dans la discrétion. Dès les premières secondes, les cuivres éclatent tandis que défilent les routes, les gratte-ciel et les puits de pétrole du Texas. La série, lancée en 1978, raconte les alliances, les trahisons et les guerres familiales qui entourent le clan Ewing. Son ouverture traduit cette ambition avec une musique conquérante et une mise en page devenue emblématique.
Le thème a été composé par Jerrold Immel. Sa mélodie associe l’énergie d’une fanfare américaine à une orchestration pensée pour la télévision. Elle évoque à la fois la puissance économique, le territoire et le feuilleton familial. Le rythme avance avec assurance, comme si rien ne pouvait arrêter l’empire bâti autour de Southfork et du pétrole.
L’écran partagé comme signature
La grande idée visuelle du générique repose sur trois bandes verticales. Chaque nom d’acteur apparaît au centre tandis que différentes images occupent simultanément l’écran. Le procédé permet de multiplier les portraits et les paysages sans ralentir le montage. Il donne également l’impression que plusieurs intrigues progressent en parallèle, ce qui correspond parfaitement au fonctionnement du feuilleton.
Cette présentation a évolué au fil des saisons pour accueillir de nouveaux personnages et modifier l’ordre de la distribution. Sa structure est pourtant restée immédiatement identifiable. Les producteurs pouvaient actualiser les images sans perdre l’identité générale de la série. Le générique devient ainsi une sorte de tableau de famille mouvant, dans lequel les alliances changent mais où la marque Dallas demeure intacte.
Une promesse de pouvoir et de conflits
Les images ne montrent presque rien des intrigues précises. Elles présentent plutôt le cadre dans lequel elles vont se déployer : une ville moderne, de grands espaces, du bétail, des derricks et des personnages sûrs d’eux. Tout indique que la richesse sera au centre du récit, mais également qu’elle ne suffira pas à maintenir la famille unie.
En France, cette musique est devenue le signal d’un rendez-vous populaire et durable. Elle reste associée à J.R. Ewing, à son sourire calculateur et aux rebondissements de Southfork. Le générique fonctionne parce qu’il possède la même confiance excessive que ses personnages. Il ne demande pas au public d’entrer discrètement dans l’histoire : il ouvre les portes d’un empire et annonce que chaque épisode sera une nouvelle bataille pour le contrôler.

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